La dissonance cognitive

Qui n’a jamais eu le regret d’avoir effectué un comportement ou une action en contradiction avec ses principes et valeurs profondes ? Tout le monde ! Et souvent, une forme de culpabilité et d’incompréhension vont se présenter si l’on ne cherche pas trop inconsciemment à refouler cette action… Sinon, nous n’avons qu’à simplement changer nos valeurs et le comportement ne sera plus vécu comme traumatique !

Bienvenue dans le monde merveilleux de la « dissonance cognitive » !

La dissonance cognitive est un concept introduit en 1957 par Leon Festinger dans son livre « Une théorie de la dissonance cognitive » et qui est depuis très souvent mis en évidence dans de nombreuse études de psychologie et de psychologie sociale. (liens en fin d’article)

Commençons par une définition simple du concept :

Par « dissonance », nous voulons signifier deux choses qui ne s’accordent pas et par « cognitions », nous faisons référence aux grandes fonctions de l’esprit, c’est à dire les idées, opinions, comportements, etc.

La dissonance cognitive est donc la tension consciente – ou inconsciente – d’un sujet qui ne parvient pas à accorder deux pensées ou actes contradictoires.

 

Dans « Une théorie de la dissonance cognitive » nous apprenons que pour Festinger, l’ampleur de la dissonance cognitive est tributaire de deux facteurs :

  1. L’importance des cognitions pour le sujet : plus ces cognitions seront liées aux valeurs essentielles du sujet, plus la dissonance sera forte.

et

  1. La proportion des cognitions dissonantes : plus elles seront nombreuses par rapport aux cognitions consonantes, plus la dissonance sera forte.

 

Face à de telles manifestations psychiques, l’être humain cherche à réduire ce conflit interne désagréable, voire, douloureux.

Car oui, dès 1915, Freud avait déjà compris dans « pulsion et destin des pulsions » que l’être humain recherche toujours un état psychique d’homéostasie, c’est à dire un état sans tension psychique ou somatique.

Dans son domaine, Festinger poursuit ce constat en signifiant que les sujets vont toujours se débrouiller pour retrouver un état de consonance cognitive, ou si vous préférez que les pensées, actes et valeurs s’accordent entre elles pour diminuer cette dissonance.

La diminution de la dissonance peut donc s’obtenir de trois manières, que nous allons énumérer :

    1. Changement du comportement/de la cognition et respect de l’attitude.
    2. Justifier un comportement en aménageant la cognition conflictuelle.
    3. Justifier son comportement en ajoutant de nouvelles cognitions ou informations qui dépassent les croyances dissonantes.

Si tout cela vous paraît encore trop confus, je vous invite à regarder une vidéo que j’ai réalisé pour Psychologies Magazine et qui met en évidence la dissonance cognitive à l’oeuvre chez le detective privé Eddy Vaillant, compère de Roger Rabbit :

 

A présent vous avez une idée plus précise de ce qu’est la dissonance cognitive mais si vous voulez aller plus loin je vous conseille de lire : Les erreurs des autres. L’autojustification, ses ressorts et ses méfaits de Carol Tarvis et Elliot Aronson  qui est un ouvrage beaucoup plus accessible  et tout public que « Une théorie de la dissonance cognitive » de Festinger

Mais aussi et surtout de lire ou relire Watchmen d’Allan Moore et Dave Gibbons qui reste la meilleure bande dessiné au monde et ou la fin est un pur exemple de dissonance cognitive qui trouve des issues différentes selon les protagonistes.

 

Sources et liens utiles :

– L.Festinger, Une théorie de dissonance cognitive (1957). Les classiques des sciences humaines et sociales : https://amzn.to/2Lv7oEB

– C. Tavris et E. Aronson, Les erreurs des autres. L’autojustification, ses ressorts et ses méfaits (2010). Editions Markus Haller : https://amzn.to/2DU0Itn

– A. Moore et D. Gibbons, Watchmen (1987). Collection DC Essentiels : https://amzn.to/2DWqH3k

– S. Freud, Pulsion et destin des pulsions (1915). Petite bibliothèque Payot : https://amzn.to/2DV0LVU

En quoi le concept de castration est pertinent ?

Pour ce qui est de comprendre ce qu’est le concept de castration dans les grandes lignes, de comprendre globalement ce qu’il signifie dans la pensée freudienne et lacanienne, je vous invite à regarder la vidéo que j’ai faite en collaboration avec Kevin de La Psychothèque autour du film « Edward aux mains d’argent » :

Maintenant que vous avez compris les bases de ce concept, posons nous la question de ce que cela peut apporter dans un suivi thérapeutique.

Le thérapeute lui va voir quel est le rapport de son patient avec le manque, avec la perte ou le fait de ne pas posséder une qualité ou un objet. Comment s’en débrouille t-il (t-elle) ? Est-ce que ça fait souffrance ? Est-ce que cette insatisfaction amène le sujet à se démener pour chercher à être comblé ?
Nous avons également des indications sur ce qui semble le plus important pour notre patient dans son positionnement : Est-ce l’Être ou l’Avoir qui prévaut ? Cela aura des répercussions sur sa vie psychique et son rapport à autrui.

Là où je trouve que c’est intéressant, c’est de voir comment est-ce que pour certaines personnes, ne pas avoir quelque chose où ne pas être quelqu’un qui aurait telle ou telle qualité va créer un manque et qui dit manque dit : besoin, demande, désir.

Cela va donc aiguiller sur les besoins fondamentaux de l’individu, sur cette demande qui n’a pas pu être entendu auparavant en dehors des séances, sur ce désir inconscient qui rate toujours aussi bien dans son expression que dans assouvissement.

Notre travail consiste également à cette prise de conscience. Qu’avant d’être du côté du manque d’objet ou de qualité personnelle, la castration s’opère d’emblée dans le langage… Notre langue nous permet d’exprimer des demandes mais pas NOTRE demande. La langue permet d’exprimer des besoins, pas ce dont NOUS avons véritablement besoin. Il y a toujours un manque, un hiatus. Pour couronner le tout, nous sommes nous même incapable de connaitre spontanément notre sujet du désir…

« Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. » Bernard Werber

Nous devons le prendre en compte et l’accepter car cela fait partie de notre condition d’être humain.

 

Vous avez peut-être vu que nous avons fait un échange de conclusions dans nos vidéos avec la psychothèque, donc si vous voulez savoir pourquoi il en arrive à cette conclusion, voici son cheminement en vidéo et vous pourrez ainsi trouver ma conclusion en ce qui concerne la castration par Edward aux mains d’argent :

Sources :

 

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne.

Qu’est-ce que le Complexe d’Oedipe ?

Le complexe d’Oedipe est selon moi une des plus belle découverte du fonctionnement psychique.

Lorsque l’on comprend bien les conséquences que le complexe d’Oedipe implique sur la psyché d’un nourrisson et/ou d’un enfant il n’est pas étonnant de voir la résonance que ce concept – pourtant extrêmement décrié et attaqué par les nouvelles théories scientifiques – est à la base du principe de répétition, de la théorie de l’attachement de John Bowlby mais également de la thérapie des schémas.

Il n’est pas rare de voir fréquemment des psychologues, psychiatres ou chercheurs qui amènent une soi-disant idée thérapeutique révolutionnaire mais qui s’avère être un ersatz de concept préexistant dont ils auraient changé le nom et quelques aspects pour en dissimuler l’origine. Cela ne veut pas dire qu’il y ai une innovation pertinente au demeurant (comme la théorie de l’attachement et la thérapie des schémas justement) mais que cela ne marque pas une rupture avec la conception théorique initiale. Bref.

Ce que j’explique à mes étudiants de l’Université de Grenoble Alpes justement, ce n’est pas tant la partie théorique, que nous abordons rapidement mais plutôt l’aspect pratique, voire thérapeutique, que propose la mise en évidence d’un complexe oedipien.

Lorsque je rencontre mes patients, il s’engage un jeu dans lequel je dois « trouver le petit poucet » comme j’aime le dire. Rien de complexe. Il suffit de suivre les petits cailloux dispersés au sein du discours.
Chaque patient, chaque personne, chaque âme a une façon bien spécifique de déposer ses petits cailloux. Cela peut se faire par des répétitions de mots, de situations, d’actes, de champs lexicaux (souvent plusieurs à la fois) ce qui m’indique le chemin à suivre. Pour ma part, j’en fais part à mes patients de ce chemin qu’ils dessinent. Cela les surprend toujours de voir comment ils laissent des indices et cela donne également du sens pour la suite de la thérapie.

Il arrive même que les petits cailloux dans le discours tournent suffisamment autour du pot pour que cela dessine les contours d’un nom dit, à la manière des jeux pour enfants où il s’agit de relier des points pour dessiner une figure. Cela donne de bonnes indications sur les contenus refoulés ou les dénis.

Mais que vient faire Oedipe dans tout ça ? Et bien la tragédie de Sophocle nous indique une chose primordiale : Oedipe ne veut pas que les choses se déroulent ainsi, elles se passent malgré lui. Ce n’est pas lui qui veut tuer son père et coucher avec sa mère, il cherche à l’éviter. Mais cela se fait malgré toutes ses précautions… Inconsciemment. Au sens propre du terme.
Ce en quoi il avait déjà été inscrit dans le langage, se répète dans le futur.

Il en va de même pour nous autres. Qui que nous soyons.

Lorsque l’on est enfant, nous évoluons dans un milieu où il est question d’une « figure maternelle » (donc pas forcément une mère mais un objet de désir) et d’une « figure paternelle » (pas obligatoirement un père mais un tiers qui vient entre l’objet de désir et son accession). L’enfant va donc chercher à obtenir l’objet de plaisir/désir mais un tiers, d’une façon ou d’une autre va souvent se mettre en travers et empêcher cela.

Selon la configuration de ce système premier, l’enfant va tester diverses façon de faire avec ce tiers pour malgré tout obtenir l’objet l’objet de désir ou quelque chose de proche. Il peut mettre en place de l’agressivité, de la séduction, de la passivité, de la colère, etc.
Toutes ses tentatives ne fonctionneront pas mais à force d’essayer, l’enfant aura une tentative fructueuse. Comme nous l’indique si bien le comportementalisme, un comportement récompensé est un comportement qui va se répéter dans le temps. C’est ainsi qu’un complexe se crée.

Ce complexe va alors avoir tendance à s’extrapoler, sortir du cadre familial et être privilégié dans les nouvelles situations. Ce sera d’autant plus difficile de s’en défaire à chaque fois qu’il permettra à l’individu d’arriver à ses fins.

Problème : Les modes de résolutions de problèmes élaborés et mis en place dans l’enfance ne marchent que peu durant l’adolescence et l’âge adulte… Donc répéter un schéma infantile n’est pas une bonne solution. Il faut en sortir, trouver de nouvelles solutions plus élaborées.

Avant de conclure, je vous conseille de voir ma vidéo sur ce sujet et comment est-ce que le film Beetlejuice illustre très bien cette triangulation oedipienne :

Voilà en quoi est-ce que repérer un complexe oedipien est fondamental, il permet de constater que nous avions un outil performant pendant des années mais que dans le présent, il faut en changer et si possible, en changer dans chaque situation qui se présente !

Là se trouve la véritable adaptation dont doit faire preuve un esprit sain. Créer de nouvelles réponses à de nouveaux problèmes.

 

Sources :

 

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne

Mon Psy ne me croit pas (ou le diagnostic différentiel)

Vous est-il déjà arrivé de penser que votre psy ne vous croyait pas ? Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi votre psy pouvait montrer un désaccord avec vous ? Ou si vous n’avez encore jamais consulté, vous posez-vous la question : « Est-ce que ce psy ira bien dans mon sens ? »

Et bien sachez une chose, un bon psy doit être à votre écoute, prendre en compte votre « Réalité Psychique ». Mais cela ne veut pas dire qu’il doive acquiescer à tout ce que vous dites, pensez, imaginez ou faites. Le travail du psychologue (entre autres choses) va être de guider la pensée mais aussi de la stopper lorsqu’elle s’égare ou pire, va dans un sens négatif à votre avancée. Autant il peut être nécessaire parfois d’entendre l’intégralité d’une construction délirante, autant parfois, remettre immédiatement en question une conclusion paranoïde est nécessaire.

En dehors de quelques cas extrêmes, il m’arrive plus fréquemment en séances de devoir remettre en cause les certitudes de certains patients qui vont se donner une étiquette, s’auto-diagnostiquer. Ils le font pour de nombreuses raisons… Cela peut être pour moins réfléchir à leur propre fonctionnement ; pour des raisons identitaires ; pour des raisons de revendication de symptômes ; parce que quelqu’un de leur entourage les a ainsi étiqueté dans une interprétation sauvage ; parce qu’ils ont regardé sur internet (le plus gros problème à vrai dire et qui devient le plus fréquent).

 

Or, toutes ces personnes oublient une chose fondamentale : Le professionnel de santé a fait de nombreuses années d’études. Cela ne lui donne pas la science infuse, loin de là. Parfois même cela l’enferme dans des convictions contre productives, mais passons.

Le plus important selon moi en ce qui concerne le professionnel de santé, c’est qu’en dehors d’avoir un bagage théorique qui se trouve peu ou prou sur internet, il détient deux choses que ne peuvent pas avoir le quidam : l’expérience et la maîtrise du diagnostic différentiel.

L’expérience se passe de définition mais contribue chaque jour un peu plus à maîtriser et affiner son diagnostic différentiel. C’est donc encore plus essentiel.

Le diagnostic différentiel est un savoir, une connaissance et une méthode qui permet de différencier deux symptomatologies très proches mais qui diffèrent pourtant sur la pathologie en question, ses manifestations, ses conséquences et donc sa prise en charge. De même, nous confirmons moins souvent des diagnostics que nous en éliminons, c’est pour dire !

Vous comprenez donc qu’il est plutôt important que dans ce genre de situations votre psy n’ai pas à être en accord avec vous, voire, qu’il vous le fasse savoir.

Ce n’est donc pas que le professionnel ne vous croit pas, c’est qu’il est compétent et fait son métier !

N’hésitez pas à cliquer sur la petite vidéo que j’ai fait à ce sujet et qui apporte plus de précisions sur cette excellente question. Je me base sur un cas clinique que j’ai eu peu de temps avant de faire cette vidéo.

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne

La réalité psychique

Certainement LE concept le plus fondamental quand on est psychologue ou psychothérapeute !
Beaucoup l’oublie mais ce n’est pas dans les livres que se trouvent la réalité de nos patients mais bel et bien dans leur discours.

La vision que l’on a en tant que professionnel peut parfois nous faire oublier que nous avons tous un prisme ou un objectif différent à travers lequel nous observons et décryptons le monde. Comme on me le répétait souvent durant ma formation en hypnose ericksonienne : « La carte n’est pas le territoire« .

Or que se passe-t-il lorsqu’on discute avec une amie ou un proche ? L’autre se base sur son vécu, sur sa carte personnelle pour vous donner des conseils des clefs qui devraient vous aider, voire, vous donner la marche à suivre. Rares (mais elles existent) sont les personnes qui vont véritablement tâcher de se mettre dans la réalité de l’autre, de ne pas se pointer avec tous ses histoires et représentations personnelles.

Je ne pense pas que ce soit seulement une qualité innée, mais qu’elle s’acquiert si on fait le travail d’en prendre conscience… Et beaucoup de pratique.

La réalité psychique est fondamentale pour le professionnel de soin car elle rend compte de la subjectivité des individus. Si le professionnel passe à côté de cet aspect, nous pouvons dire qu’il passe à côté de l’essentiel de sa fonction : être centré sur le sujet. Il m’est arrivé dans ma pratique de constater qu’une personne avait été dévastée par la mort de son chien, un autre patient n’a montré que peu de réactions et d’empathie face à la mort d’un parent proche. Si, en tant que professionnel je ne fais que partir de mes représentations personnelles, je change de sujet avec la première pour insister avec le second. Cela aurait été une erreur grossière. L’une était véritablement en train de vivre un deuil, l’autre non.

J’illustre la réalité psychique et ses implications dans cette vidéo en m’appuyant notamment sur le film « Il faut sauver le soldat Ryan »

Se centrer sur le sujet et sur ses propres ressentis, émotions et cognitions est fondamental.

À l’inverse, parfois (assez fréquemment à vrai dire), notre travail nous amène à ce que les individus puissent prendre conscience de la réalité externe et l’intègrent davantage dans leur réalité psychique. Les réalités matérielles et biologiques constituent un environnement dans lequel nous devons nous adapter et évoluer car ces réalités là, elles, ne varieront pas (pu peu).
C’est aussi la différence entre principe de plaisir et principe de réalité introduits par Freud.

 

Dans cette courte vidéo en revanche, je fais la distinction entre ce que la réalité psychique – en tant que concept – sert pour le patient et le thérapeute.

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne

Sources :

Normal ou pathologique ?

Au delà du fait que la question du normal et du pathologique se pose chez tout le monde, c’est aussi une question qui est extrêmement difficile et peine à faire consensus chez les professionnels.

Pour certaines personnes, ne pas faire comme tout le monde n’est pas normal, pour d’autres, tout est toujours normal, nous sommes « libres » de faire « ce qui nous plait »… Permettez-moi d’en douter.

Même si de (très) nombreux professionnels de la santé psychique estiment que du moment que l’on a au moins x symptômes depuis tant de temps alors nous sommes face à de la pathologie (Classifications des maladies mentales type DSM ou CIM), il s’avère que dans la réalité clinique les choses sont bien plus complexes.
Il faut prendre en compte la question de la souffrance psychique ET de la réalité psychique. Ça c’est sur le plan de l’individu qui peut manifester de la souffrance en étant hors des cadres rigides des classifications. Il en est de même pour le caractère social de la souffrance : un individu peut tout à fait faire souffrir son entourage (proche ou non) sans que lui ne se sente le moins du monde en difficulté.

On comprend donc aisément que ce concept de normal et pathologique est une vraie question épineuse pour tout professionnel, clinicien ou non. Subjectivité et objectivité mènent à différentes prises de position ; individuel et collectif de même. Le cadre juridique pour sa part est loin d’avoir pour fonction qu’un fonctionnement déviant de la loi soit qualifié de pathologique.

Il existe plusieurs façon de constituer une norme et les limites du pathologique :

  • La normalité statistique
  • La normalité idéale et sociale
  • La normalité fonctionnelle
  • La normalité par absence de maladie (mais où commence la maladie ?!?!)
  • La normalité par équilibre (individuel, groupal, familial,… ?)

Autant de recherches de normes que j’aborde plus spécifiquement dans cette vidéo en m’appuyant cette fois-ci sur l’excellent film de Milos Foreman « Vol au dessus d’un nid de coucous« 

 

Nous ne pouvons pas parler de normal et de pathologique sans par le de Georges Canguilhem et son ouvrage, le bien intitulé « Le normal et le pathologique« . Dans cet ouvrage il amène le terme de normativité qui considère que « l’individu sain est capable de tomber malade et de se rétablir, il est capable de changer et s’adapter aux différentes situations ». Cela est très intéressant car on comprend que la norme est un état périodique dans lequel nous pouvons nous trouver de même que le pathologique qui peut être un état transitoire entre deux moments de norme.

Ce concept est aussi celui qui prend le plus en compte la personne… Du coup, c’est largement mon préféré 🙂

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne

Sources :

               

Peut-on coucher avec son/sa psy ?

En voilà une question… importante.

Même si ce blog concerne des consultations à distance, je travaille également en présentiel dans mon cabinet et il est assez fréquent que dans les diverses curiosités que les gens ont envers notre métier de psychologue, le fantasme du psy qui couche avec ses patientes se manifeste.

Comme je le dis dans la vidéo ci-dessous : « Est-ce qu’on se poserai tant cette question s’il s’agissait de sa boulangère ou son contrôleur fiscal ? » Il doit donc bien se passer quelque chose de différent pour que l’on sache implicitement qu’il ne faut pas trop avec son psy.

Je vous propose ici de réfléchir à cette question en se questionnant sur ce que cela impliquerai pour le professionnel, puis pour le patient et enfin la place du sexuel dans une séance.

Il faut bien se rendre compte que la question du « fantasme » est loin de celle du « passage à l’acte« .
En couchant avec son/sa patiente, le psy quitte d’emblée sa place et sa fonction, il ne pourra plus l’occuper et c’est surtout en cela que cela coupe le travail.

 

En séance, qu’il s’agisse de pulsion sexuelle, agressive ou autre, c’est le temps et le lieu de la prise de conscience, de l’analyse de nos mouvements inconscients et de leurs liens, pas d’une mise en acte volontaire.

Rappelons enfin un aspect important qui est que ce qui se manifesterai là, est en lien avec l’amour de transfert et Freud nous rappelle à ce propos, trois choses fondamentales sur l’amour de transfert :
1- Il est provoqué par la situation analytique
2- Il est exacerbé par la résistance qui domine dans cette situation
3- Qu’il est privé à un haut degré de tout égard pour la réalité

 

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne

Qu’est-ce que la Pulsion et à quoi ça sert ?

Je vais ici succinctement parler de la pulsion, un concept qui a été largement dépassé  (notamment par le concept de désir de Lacan) depuis sa théorisation par Freud mais qui est tout de même très utile aujourd’hui encore pour se repérer avec ses patients en séance.

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