L’Hypnose thérapeutique

J’insiste d’ores et déjà sur le « thérapeutique » dans le titre de cet article puisque cela n’a strictement rien à voir avec l’hypnose de spectacle à la Mesmer… donc non, un thérapeute certifié ne vous fera jamais faire la poule pour vous ridiculiser en public.

Dans cet écrit, nous allons tout d’abord définir ce qu’est l’hypnose, sur quoi elle se base et quelques standards de la pratique, comment elle est revenue au goût du jour et surtout, la question importante à se poser, est-ce que ça fonctionne ?!?!

En seconde partie, comme toujours, nous allons illustrer ce qui a été dit dans la première partie à l’aide d’une vidéo et du film « Get Out« , film que je vous conseille de voir car il est sympa comme tout, bien que absolument faux en de nombreux points pour ce qui concerne la pratique thérapeutique réelle et contemporaine.

C’est quoi l’hypnose ?

L’hypnose est un état de conscience modifiée. C’est la définition la plus simple et certainement la plus répandue de l’hypnose. Malheureusement quand on a dit ça, on a rien dit… L’hypnose véhicule encore tout un tas de mythes et contre-vérités. Cela est aussi bien dû au cinéma comme nous le verrons par exemple en seconde partie, qu’à l’hypnose de cabaret qui s’appuie directement sur ce côté « magique » dont les thérapeutes veulent se démarquer mais à la fois qui fascine davantage le public.

L’hypnose thérapeutique est donc une méthode qui s’appuie notamment sur la modification de l’état de conscience d’une personne pour obtenir d’elle des processus imaginaire augmentés et des défenses psychiques en baisse pour parvenir à la résolution de problèmes spécifiques physiologiques et/ou psychologiques. L’hypnose sera utilisée selon différentes méthodes par le professionnel dans le but d’accompagner son patient vers un but précis qui aura été spécifié en commun par le soignant et le patient.

Enfin il me semble important de signaler deux choses fondamentales à propos de l’hypnose et la transe hypnotique :
– Tout être humain a déjà expérimenté un état d’hypnose, ça nous arrive vraiment très fréquemment. L’exemple le plus courant mais à la fois le plus parlant c’est quand on fait un trajet habituel en voiture et qu’à la fin on éteint le moteur en se demandant comment on était arrivé jusque là. Autre exemple, lorsque vous lisez un livre et qu’arrivé à la fin de la page vous vous rendez compte que vous lisiez mais pensiez à complètement autre chose…
– La deuxième chose importante c’est que nous sommes tous hypnotisables. Les personnes qui disent ne pas être hypnotisables sont en général des personnes qui n’ont jamais rencontré un hypnothérapeute qui, lui, va sélectionner et confectionner des inductions spécifiques et adaptées au sujet. Donc tout le monde peut être hypnotisé du moment que l’on adapte le temps et la méthode d’induction.

 

Est-ce que ça fonctionne ?

L’évaluation de l’hypnose en médecine soulève de nombreuses questions. Mais force est de constater que de plus en plus d’études sont engagées dans ce domaine, y compris en France, et que les résultats sont, suivant les domaines de recherche, très significatifs.

Je dis selon les domaines de recherche parce que sur le plan psychothérapeutique, il y a beaucoup d’écart selon les études pour rendre compte de l’efficacité de l’hypnose pour ce qui à trait à la psychopathologie.

En revanche, sur des domaines comme l’analgésie, la perte de poids, la réduction du stress, l’immunologie, (oui oui aussi étonnant que ça puisse paraitre je vous encourage à aller voir les sources en fin d’article) les données actuelles sont significatives quant à l’efficacité de l’hypnose.

Pour quelle utilisation ?

Il y a aujourd’hui 3 grands domaines d’utilisation de l’hypnose :

  • L’hypnosédation (utilisée principalement en anesthésie),
  • L’hypnoanalgésie (contre la douleur) et
  • L’hypnothérapie (à visée psychothérapeutique)

Suivant la formation initiale du professionnel et l’objectif recherché, il va utiliser différentes structures de séance et différentes méthodes d’inductions et de suggestions.

Les séances d’hypnoses contemporaines vont donc beaucoup s’adapter au patient et sont loin d’un discours plaqué d’un hypnotiseur tout puissant.

 

Mécanismes principaux de l’hypnose thérapeutique :

Grossièrement, lors d’une séance d’hypnose on va avoir une première phase dite d’induction hypnotique. Durant cette phase, le thérapeute va, par divers moyens, faire entrer la personne en transe hypnotique, le fameux « état de conscience modifié ». Que ce soit de façon très directive ou non, l’induction va faire appel à une anamnèse, c’est à dire l’histoire du patient, ainsi qu’à l’observation de tout un tas de canaux que l’on va relever comme spécifiques au patient en question. L’induction va donc sans cesse faire appel à ce que vie, ce que ressent et le rapport que l’individu à avec son environnement. C’est ce que l’on appelle la ratification, le « VAKOG » et autres termes que je ne vais pas aborder ici car ce n’est pas le but.

La deuxième phase importante sera la phase de suggestions.

Durant cette phase plus ou moins longue selon l’objectif de la séance, l’hypnothérapeute va, selon son référentiel, être encore une fois très directif (hypnose ericksonnienne par exemple) ou inviter davantage son patient à être actif de sa séance et ainsi faire de la communication hypnotique. Les deux méthodes fonctionnent mais vont devoir être privilégié selon la problématique et l’effet escompté. Malgré tout, plus la problématique va être complexe ou profonde, plus le thérapeute risque de choisir une communication hypnotique afin de rendre son patient le plus actif possible de son changement et de sa séance.

Une autre différence importante va être soit de focaliser l’attention sur un point très précis ou de justement tâcher de faire grandir l’état de conscience. Dans un cas le thérapeute oriente la concentration pour accéder, lui, à l’inconscient du sujet, dans l’autre cas, on est proche d’une pleine conscience qui permet au sujet d’avoir accès à une partie de son inconscient et ainsi augmenter ses capacités de résolution de problème.

Une fois les phases d’induction et de suggestions terminées, l’hypnothérapeute va ramener le sujet doucement et respectueusement à son état de conscience normal dans l’ici et maintenant.

 

Existe t-il des risques ou des effets secondaires ?

– Aux vues des données de la littérature, il n’a pas été rapporté d’effet secondaire grave de l’hypnose. Cela ne permet pas d’exclure leur existence, mais permet de dire que si de tels effets existent leur fréquence est relativement rare comme des céphalées, de la somnolence, des vertiges, de l’anxiété, et la création de faux souvenirs.

Le risque semble plutôt exister au niveau éthico-juridique (avec notamment le risque de manipulation psychologique et de création de faux souvenirs), et des chartes éthiques sont souvent proposées par les associations de professionnels, afin de garantir et de veiller à l’intérêt et au bien-être du patient.

Comme vous l’aurez compris, le problème ne vient pas tant de la méthode que du professionnel, de sa compétence et de son éthique.

Donc faites attention à la formation de votre hypnothérapeute car ce titre n’est actuellement pas protégé en France et n’importe qui peut s’auto-proclamer hypnothérapeute en ayant peu ou pas de formation de psychopathologie et ainsi faire dans le meilleur des cas, rien du tout, dans le pire, il peut aggraver un trouble.

Etude de cas

À présent, faisons un rapide tour d’horizon de ce que l’hypnose n’est pas en nous appuyant sur le film « Get Out » ou Chris se fait soit disant hypnotiser…

 

 

Comme vous avez pu le voir, ce scénario outrepasse les règles les plus fondamentales de la pratique hypnotique et nous sommes clairement dans une fiction où la magie et la manipulation se substituent à une hypnose véritable.

Donc si vous avez peur de l’hypnose, rassurez vous sur le fait que rien ne peut vous être fait de force et que vous restez toujours maître de votre pensé et de votre libre arbitre.

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Jérémie Gallen
Psychologue clinicien et psychothérapeute en ligne
sur www.survotredivan.fr

Sources et ressources :

– O.Lockert, Hypnose – Evolution humaine – Qualité de vie – Santé (2013) – IFHE Editions : https://amzn.to/3hfepod

– L. Chertok, Mémoires : Les résistances d’un psy (2006) – Odile Jacob : https://amzn.to/2ZzDwMe

– A. Andre : Hypnose: Comment apprendre l’hypnose et l’autohypnose étape par étape(2020) – (livre extrêmement court mais précis !) Amazon édition : https://amzn.to/39da8Pi

– C. Hammond, Métaphores et suggestions hypnotiques (2009) – Le Germe : https://amzn.to/3jcDjX4

– https://www.inserm.fr/sites/default/files/2017-11/Inserm_RapportThematique_EvaluationEfficaciteHypnose_2015.pdf

– https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0987705313001974

– https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/10253890290027877 comme méditation et pleine conscience.

– Hypnosis as an adjunct to cognitive-behavioral psychotherapy: A meta-analysis. By Kirsch, Irving,Montgomery, Guy,Sapirstein, Guy. Journal of Consulting and Clinical Psychology, Vol 63(2), Apr 1995, 214-220 – E. Lang et al., « Adjunctive non pharmacological analgesia for invasive medical procedures: A randomised trial », The Lancet, vol. CCCLV, 29 avril 2000.

– M.-C. Gay, P. Philippot et O. Luminet, « Differential effectiveness of psychological interventions for reducing osteoarthritis pain: A comparison of Erickson hypnosis and Jacobson relaxation », European Journal of Pain, 2002.

– P. Maquet, M.-É. Faymonville, C. Degueldre, G. Del Fiore, G. Franck, A. Luxen et M. Lamy, « Functional neuroanatomy of hypnotic state », Biological Psychiatry, vol. XLV, n° 3, février 1999.

– P. Rainville, G.H. Duncan, D.D. Price, B. Carrier et M.C. Bushnell, « Pain affect encoded in human anterior cingulate but not somatosensory cortex », Science, vol. CCLXXVII, n° 5328, 15 août 1997.

– S. Derbyshire, M.G. Whalley, V.A. Stenger et D.A. Oakley, « Cerebral activation during hypnotically induced and imagined pain », NeuroImage, vol. XXIII, n° 1, septembre 2004.

Conseils en temps de confinement

Photo : Daniel Tafjord

Je vais ici tâcher de répondre à ce qui relève de mon domaine de psychologue clinicien en ce qui concerne les mesures non explicites de confinement qui ont court aujourd’hui en France pour cause d’épidémie (si ce n’est de pandémie) du coronavirus ou COVID-19. Quelles sont les conséquences psychologiques d’un tel enfermement à court ou moyen terme et de quelle manière peut-on se faciliter la tâche afin de sortir grandit de cette épreuve commune…

Lorsque Lundi 16 Mars 2019, le Président Emanuel Macron a préféré répéter à plusieurs reprises, lors de sa dernière allocution, « nous sommes en guerre » plutôt qu’une seule fois employer le terme « confinement »,
la stratégie de communication politique était calculée et assumée.
Quand l’on lit la définition du Larousse pour le terme « confinement » on comprend peut-être mieux pourquoi : « Situation d’une population animale trop nombreuse dans un espace trop restreint et qui, de ce fait, manque d’oxygène, de nourriture ou d’espace. »

En dehors de cette définition plus qu’anxiogène, confinement nous vient de « confins » qui nous vient du latin confinium, => voisinage, c’est à dire la proximité.

Le confinement, c’est la proximité si ce n’est la promiscuité.

Parler de nous mettre en guerre c’est nous solliciter dans notre position active de citoyen, de prendre position face à la menace, nous pourrions (presque) en dégager une certaine fierté. Se confiner, c’est être passif, craintif… Rien de très valorisant.

En psychologie, c’est la même chose. Se laisser aller dans une position passive de sujet n’apporte jamais rien de bon. Quelle que soit la difficulté psychique que vous avez à traverser dans votre vie, c’est une position active de sujet qui va vous faire créer des solutions, modifier vos pensées et vos actes. C’est un préalable à toute évolution ou guérison.

Les personnes qui vont se laisser aller durant cette période de confinement risquent de s’effondrer psychologiquement comme nous pouvons parfois cliniquement le constater chez des détenus. Mais la clinique des détenus nous apporte aussi un éclairage sur celles et ceux qui ressortent d’une privation totale de liberté avec une belle évolution personnelle : la volonté de malgré tout rester aux commandes de sa vie.

 

Quels sont les risques psychologiques les plus courants dans la situation actuelle ?

1/ Anxiété, stress, angoisse

L’Être humain s’angoisse dès qu’il ne comprend pas quelque chose qui lui arrive. La diversité des informations nous empêche parfois d’avoir une donnée fiable sur laquelle nous positionner définitivement. Le flou global quant à ce que le virus pourrait faire en terme de symptôme pour soi ou les autres ainsi que son niveau de propagation ne sont à ce jour presque que des suppositions (dans le pire des cas) ou des estimations (dans le meilleur des cas).
En tant qu’êtres sociaux, ces incertitudes anxiogènes, nous nous les transmettons plus facilement et rapidement que le virus lui-même…
Sans parler du stress que donnent les perspectives économiques suite à cet événement.

Pistes et bonnes pratiques
– Sélectionner soigneusement ses sources d’information. Si l’on n’a pas de bagage scientifique, se référer aux données communiquées par le ministère de la santé et l’Organisation Mondiale de la Santé. Mais se renseigner pour quitter le flou vecteur d’angoisse est fondamental.
– Parler de ses craintes et des scénarios que l’on imagine afin de le confronter à la pensée d’autrui (d’un thérapeute serait judicieux)
– Ne pas se focaliser exclusivement sur le coronavirus et ses conséquences. Se rappeler que la vie continue et dépasse ce sujet. Rassurez-vous en voyant tout ce sur quoi vous avec encore une possibilité d’action.
– Se faire plaisir et se changer les idées. Se récréer au sens premier du terme.
– Faire de la méditation. Dans un premier temps utiliser des vidéos ou podcast en libre accès si l’on n’est pas habitué à cet exercice. Dans un second temps consulter un professionnel.
– Faire un travail d’introspection sur les pensées qui nous angoissent. Ce travail pourra éventuellement se poursuivre avec un professionnel.
– Si les manifestations anxieuses sont trop fortes : consulter un psychologue dès à présent par visioconsultation.

 

2/Isolement et Ennui

Nous sommes d’une, des êtres sociaux et de deux, des êtres complexes. Ce qui veut dire que nous avons besoin de stimulations. Nombreuses et différentes.
La plupart des êtres humains ont un besoin important de rentrer en communication avec autrui, de partager sentiments, pensées et émotions. Sans ça, nous nous sentons seul et isolé du monde.
De plus, suivant le temps que peut durer un confinement, le plaisir à regarder des séries, des films ou lire des livres peut fatalement perdre de sa valeur. C’est bel et bien parce que ce n’est pas notre quotidien qu’une activité peut s’avérer intéressante et motivante.

Pistes et bonnes pratiques
– L’important est de continuer de communiquer. Nous sommes des êtres sociaux !
Utilisation des moyens modernes de communication. Parlons nous par la fenêtre si nous sommes seul sans terrasse, sans balcon, sans famille.
– Diversifier au maximum ses activités afin de pouvoir les faire tenir dans la durée.
– Les études auprès de cosmonautes nous indiquent qu’il faut vivre « au jour le jour » (voir notamment vidéo en source sur l’étude « Mars 500 »). Se projeter dans le temps est très négatif. Il vaut mieux accomplir chaque jour dans une routine.
– Se préparer les repas. Éviter les plats préparer. Cela constitue aussi bien une activité qu’une règle d’hygiène de vie. Le goût et l’odorat sont des stimulations très positives pour tout un chacun et le temps du repas est une chance pour le nez et les papilles !
– Se forcer à faire de l’activité quotidienne. Cela apporte plaisir et satisfaction tout en (espérons-le) consolidant une bonne image de soi !
– Se donner un objectif journalier, hebdomadaire, mensuel et se récompenser une fois qu’on les atteints progressivement.
– Profiter de faire une chose que l’on a jamais osé ! Apprendre à jouer d’un instrument, une nouvelle langue, écrire un livre, etc.
– Ne surtout pas se dire qu’on a le choix mais suivre les règles que nous nous sommes fixés sans croire un instant que l’on puisse en déroger.

 

3/ Disputes, frustrations, aggravation de conflits en tout genre

Dans les derniers jours… Combien de fois n’avez vous pas pu faire ce que vous souhaitiez ? Combien de fois avez-vous dû dire non à vos enfants ?
C’est un vrai problème pour les accords de paix que nous tâchons de maintenir dans notre confinement !
La promiscuité catalyse les frustrations, les mésententes et incompréhensions en tout genre. Et malheureusement, au sein des familles, il est rarement question de faire preuve d’autant de retenu et de tact que nous le faisons avec les personnes extérieures.
Une personne agressive, violente, perverse ou manipulatrice aura donc ses attitudes et comportements exacerbés… Prenons garde à cela chacun pour nous-même, c’est la première étape.

Pistes et bonnes pratiques
– Terme utilisé et réutilisé depuis quelques années, il est pourtant aujourd’hui nécessaire de s’appliquer un maximum de bienveillance (envers soi, envers les autres). La situation est difficile pour tout le monde. Soyons bienveillants.
– L’altruisme est une bien meilleure piste que les réactions et comportements compulsifs. Nous devons tâcher d’être très conscients de nos faits et gestes afin qu’ils soient tourné vers l’autre et pas en réaction à l’autre. Comme j’ai déjà pu le dire par ailleurs : « C’est rarement l’attaque de l’autre, mais plutôt sa défense qui nous heurte »
– S’accorder -dans le mesure du possible- des temps de retrait, seul, à l’écart des autres pour ne se focaliser que sur soi.
– Éviter les excitants comme le café ou autre qui vont notamment impacter votre patience, voire, votre sang froid.
– Le pardon est une vertu que nous allons devoir remettre au goût du jour ! C’est encore mieux s’il est sincère et qu’on y croit !
– Face à des difficultés de gestion des émotions, de comportements agressifs qui vous dépassent ou autre, je ne peux que vous encourager à consulter un thérapeute. C’est le bon moment d’ailleurs, profitez-en vous avez le temps et pas d’excuse de trajet : les séances à distance sont formidablement efficientes comme elles le sont en présentiel.

 

4/ Épuisement et burnout des personnels soignants (au minimum)

Les personnels soignants français étaient déjà mal en point avant cette crise, tout le monde en a conscience. La situation actuelle est pour la plupart d’entre eux une rude épreuve supplémentaire. Sans parler de l’épuisement physique qui n’est pas de mon ressort, l’épuisement psychique et les craintes pour sa santé personnelle, l’angoisse de le transmettre à ses proches après avoir passé toute la journée auprès de personnes infectées et bien évidemment, la crainte d’être débordé dans sa capacité d’accueil ce qui amènerai inévitablement à de difficiles choix éthique… Tout cela forme un cocktail explosif.
À ne pas oublier : lorsqu’un être humain est en situation de stress et d’hyperactivité, en général, il tient. C’est après, lorsque la vie « normale » peut recommencer que des troubles ou, plus grave, des décompensations peuvent se manifester. Nous devrons tous à notre tour être attentifs à leur égard, surtout en tant que professionnels du soin psychique.

Pistes et bonnes pratiques
– À l’heure actuelle, la « bobologie » devra se passer de médecins généralistes et plus encore des services d’Urgence.
– Pour celles et ceux qui vivent avec un proche qui exerce actuellement dans le champ de la santé ou est réquisitionné, nous devrons accepter pas mal de choses, faire preuve de bienveillance et de soutien.
– Leur faciliter la tâche à domicile en leur offrant un espace et un temps de repos. On ne sait pas pour combien de temps et à quelle intensité ils vont devoir travailler de la sorte.
– Leur changer les idées, ce qui n’est pas facile dans la mesure où ils ne pensent, vivent, parlent que covid depuis plusieurs semaines ! Leur entourage aussi soit dit en passant.
– À nouveau, les consultation en soin psychique sont nécessaires et peuvent améliorer la prise de recul.
– Continuer de leur montrer notre gratitude. Vous pouvez me croire, cela les touche beaucoup. Quand à 20h la France applaudit à son balcon. Ils sont émus aux larmes.

 

5/ Comportements addictifs en hausse

Stress, psychose, isolement, ennui, dépression… Autant de facteurs qui peuvent pousser à trouver des échappatoires. Les sensations de manque sont plus fortes face à l’ennui. Les moments de conscience modifié rendent parfois la réalité plus facile à vivre et à accepter.
Une fois ce type de comportements installés, voire, renforcés par des expériences de plaisir, le cercle vicieux et l’accoutumance peuvent s’installer/se décupler.

Pistes et bonnes pratiques
– Se restreindre à des moments particuliers bien spécifiques.
– Tâcher de conserver les mêmes consommations qu’en temps normal.
– Profiter de ce changement extraordinaire dans notre vie quotidienne pour arrêter une consommation problématique.
– Suivre les recommandations de l’OMS comme repère si l’on en a pas.
– Contacter/Consulter un addictologue.
– Consulter un thérapeute spécialisé en addictologie par visioconsultation.
– Trouver une nouvelle activité, un nouveau comportement apaisant.

 

6/ Dépression

Nous sommes des êtres complexes et comme évoqué plus tôt, nous avons besoin de stimulations. Dans les cas extreme, ce manque de stimulation, d’imprévus et de rencontres sociales peuvent finir par nous faire se désinvestir de ce que nous avons pourtant l’habitude d’aimer faire ou vivre.
De même, nous nous retrouvons dans une situation inédite dans laquelle nous n’avons que très peu d’emprise sur ce qui nous arrive. Ne pas avoir le sentiment d’être aux commandes de ce qui nous arrive dans notre vie est un réel facteur de risque dépressif.

Pistes et bonnes pratiques
– Consulter un psy ! La dépression est ainsi faite que souvent les gens n’ont pas la motivation de se soigner. C’est le serpent qui se mord la queue. Vous devez consulter au plus tôt afin de vite vous sortir de là.
– Maintenir des liens sociaux. Lorsque les virus infectent nos ordinateurs, nous pouvons rencontrer l’autre dans le réel. Lorsque nous sommes infecté par un virus, nous pouvons rencontrer l’autre grâce à nos ordinateurs.
– Avoir – malgré le confinement – une hygiène de vie irréprochable et reprendre un rythme de vie. Cela surprend parfois mes patients, mais en cas de dépression, j’évalue d’abord et avant tout leur quotidien et leurs habitudes avant de chercher toute cause psychique ou environnementale.
– Reprendre les rênes de sa vie sur ce que l’on peut. Il faut à tout prix garder une position active de sujet. C’est depuis cette place que l’on peut s’en sortir. Certainement pas dans la passivité et le fait de s’éteindre à soi-même.
– Trouver du sens à ce que l’on fait, ce que l’on vie, ce qui nous entoure.
– Consulter un psy. Oui, j’insiste.

 

7/ Délires paranoïdes et conspirationnistes

Le problème des délires paranoïdes, c’est qu’ils s’appuient toujours sur une base réelle et que c’est dans un second temps que l’imaginaire fait des liens abusifs. Les personnalités paranoïaques peuvent n’avoir que peu de signes pendant des années et être à un moment donné face à une situation dans le réel qui fait flamber le délire.
Autant dire que là entre crise sanitaire, économique, décisions politiques inédites… Le cocktail est bien chargé.

Pistes et bonnes pratiques
– Consulter… Franchement dans ce cas de figure où l’individu ne va vouloir (sur)interpréter son environnement et les informations qui lui sont données, uniquement pour valider son délire et sa construction imaginaire… Il n’y a que l’aide d’un professionnel qui peut parvenir à quelque chose.
À moins que celui-ci ne soit lui aussi de mèche avec les puissants, les lobbys et autres sociétés secrètes ! Bien entendu.
– Si un de vos proche se retrouve dans ce genre de pensées et de discours, faire une coupure avec les médias et les réseaux sociaux est une (première) mesure intéressante. Il existe tout sur internet, donc quoi que puisse penser une personnalité paranoïaque, cette personne trouvera toujours des « sources » pour valider ses croyances et son délire.
– Ne pas chercher à raisonner ou démonter son argumentaire, cela le renforce. Si c’est plus fort que vous, vous pouvez davantage avoir un échange constructif en parlant de ce que cela lui fait ressentir plutôt que sur la logique.

 

 

Personnes à risques potentiellement plus élevé :

Bon nombre des éléments abordés ici peuvent être décuplés chez les enfants et les personnes ayant déjà des troubles psychiques. La vigilance et l’accompagnement de ces personnes est donc d’autant plus nécessaire.
[J’attire également votre attention sur un aspect qui n’est pas tant psychologique mais éducatif : Durant cette période d’enfermement avec nos enfants, il est plus que probable que certaines règles subissent des entorses… Le problème n’est pas dans le maintenant mais pour l’après. Faire comprendre à un enfant que ce qu’il pouvait faire à un moment X est à nouveau interdit à un instant Y n’est pas chose simple. Les enfants en bas âge ne peuvent pas effectuer ce genre d’abstraction. Cela leur est impossible.
Ne pas respecter les règles habituelles de la maison s’est s’exposer à ce que ce soit toujours le cas après le confinement.]

Autre facteur de risque, comme très souvent, la catégorie socio-professionnelle. En effet les personnes les plus modestes courent un risque plus grand dans la mesure où ils sont plus soumis à la promiscuité, le manque d’espace extérieur et la possibilité de diversifier leurs activités par manque de moyens.
Cette population doit particulièrement susciter la vigilance et le soutien des professionnels de la santé psychique.

En conclusion :

Comme le dit la conclusion d’une étude que je mets en source (The psychological impact of quarantine and how to reduce it: rapid review of the evidence) : « L’impact de la quarantaine est vaste et peut persister. Cela ne veut pas dire que la quarantaine ne doit pas être utilisé. Les effets psychologiques de ne pas utiliser la quarantaine et la propagation de la maladie pourraient être pire. »
En tout cas, c’est le consensus actuel.

Nous manquons malgré tout d’un recul fiable et nécessaire. De nouveaux travaux sur le long terme devront nous en apprendre davantage sur les effets psychologiques et sanitaires de telles mesures.
Dans un premier temps, ce sont les cliniciens qui devront rapporter le plus précisément possible ce qui se joue dans le discours et donc le psychisme de tout un chacun. Ce sera un matériel très important pour la recherche et la littérature à venir.

 

Bon confinement à toutes et tous, prenez soin de vous, de vos proches et cultivez votre altruisme !

 

Si le message passe plus facilement en vidéo, vous pouvez cliquer directement :

 

Sources :
– https://lookaside.fbsbx.com/file/The%20psychological%20impact%20of%20quarantine%20and%20how%20to%20reduce%20it.pdf?token=AWyKInydt6WruUxCtBpBSMp4FIm2Gol2ptjXDiE2HZBKtx-TBpq06FjtFGtV9MGmWZ0NIyaNbkn6E5mufAP1YdsfNew_4de8v72-YYAqlq_kpFo49gjHMeKRSp8LHRrPe0YhpuVn7JvtUoGD8P1vIL1028kenL60l-Oed1mxQttMlQ

– http://theconversation.com/covid-19-point-par-point-des-recommandations-dexperts-pour-reduire-les-effets-psychologiques-negatifs-lies-au-confinement-133811

– https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cerveau-et-psy/les-effets-psychologiques-de-la-quarantaine_142244#

– https://www.cafe-sciences.org/covid-19-ressources/

– Vidéo : Mars 500 et au-delà | Romain Charles | TEDxPanthéonAssas = https://www.youtube.com/watch?v=kP0QUncxn9A

– https://www.3-6-9-12.org/confinement-nos-conseils-de-vie-quotidienne/?fbclid=IwAR3LL-NW2kU8AFTNi3oeG7Z_4bUDlvwAM9vid7WMKZEMNmLKHdttRx1fg7A

 

En quoi le concept de castration est pertinent ?

Pour ce qui est de comprendre ce qu’est le concept de castration dans les grandes lignes, de comprendre globalement ce qu’il signifie dans la pensée freudienne et lacanienne, je vous invite à regarder la vidéo que j’ai faite en collaboration avec Kevin de La Psychothèque autour du film « Edward aux mains d’argent » :

Maintenant que vous avez compris les bases de ce concept, posons nous la question de ce que cela peut apporter dans un suivi thérapeutique.

Le thérapeute lui va voir quel est le rapport de son patient avec le manque, avec la perte ou le fait de ne pas posséder une qualité ou un objet. Comment s’en débrouille t-il (t-elle) ? Est-ce que ça fait souffrance ? Est-ce que cette insatisfaction amène le sujet à se démener pour chercher à être comblé ?
Nous avons également des indications sur ce qui semble le plus important pour notre patient dans son positionnement : Est-ce l’Être ou l’Avoir qui prévaut ? Cela aura des répercussions sur sa vie psychique et son rapport à autrui.

Là où je trouve que c’est intéressant, c’est de voir comment est-ce que pour certaines personnes, ne pas avoir quelque chose où ne pas être quelqu’un qui aurait telle ou telle qualité va créer un manque et qui dit manque dit : besoin, demande, désir.

Cela va donc aiguiller sur les besoins fondamentaux de l’individu, sur cette demande qui n’a pas pu être entendu auparavant en dehors des séances, sur ce désir inconscient qui rate toujours aussi bien dans son expression que dans assouvissement.

Notre travail consiste également à cette prise de conscience. Qu’avant d’être du côté du manque d’objet ou de qualité personnelle, la castration s’opère d’emblée dans le langage… Notre langue nous permet d’exprimer des demandes mais pas NOTRE demande. La langue permet d’exprimer des besoins, pas ce dont NOUS avons véritablement besoin. Il y a toujours un manque, un hiatus. Pour couronner le tout, nous sommes nous même incapable de connaitre spontanément notre sujet du désir…

« Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre, et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre. » Bernard Werber

Nous devons le prendre en compte et l’accepter car cela fait partie de notre condition d’être humain.

 

Vous avez peut-être vu que nous avons fait un échange de conclusions dans nos vidéos avec la psychothèque, donc si vous voulez savoir pourquoi il en arrive à cette conclusion, voici son cheminement en vidéo et vous pourrez ainsi trouver ma conclusion en ce qui concerne la castration par Edward aux mains d’argent :

Sources :

 

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne.

Mon Psy ne me croit pas (ou le diagnostic différentiel)

Vous est-il déjà arrivé de penser que votre psy ne vous croyait pas ? Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi votre psy pouvait montrer un désaccord avec vous ? Ou si vous n’avez encore jamais consulté, vous posez-vous la question : « Est-ce que ce psy ira bien dans mon sens ? »

Et bien sachez une chose, un bon psy doit être à votre écoute, prendre en compte votre « Réalité Psychique ». Mais cela ne veut pas dire qu’il doive acquiescer à tout ce que vous dites, pensez, imaginez ou faites. Le travail du psychologue (entre autres choses) va être de guider la pensée mais aussi de la stopper lorsqu’elle s’égare ou pire, va dans un sens négatif à votre avancée. Autant il peut être nécessaire parfois d’entendre l’intégralité d’une construction délirante, autant parfois, remettre immédiatement en question une conclusion paranoïde est nécessaire.

En dehors de quelques cas extrêmes, il m’arrive plus fréquemment en séances de devoir remettre en cause les certitudes de certains patients qui vont se donner une étiquette, s’auto-diagnostiquer. Ils le font pour de nombreuses raisons… Cela peut être pour moins réfléchir à leur propre fonctionnement ; pour des raisons identitaires ; pour des raisons de revendication de symptômes ; parce que quelqu’un de leur entourage les a ainsi étiqueté dans une interprétation sauvage ; parce qu’ils ont regardé sur internet (le plus gros problème à vrai dire et qui devient le plus fréquent).

 

Or, toutes ces personnes oublient une chose fondamentale : Le professionnel de santé a fait de nombreuses années d’études. Cela ne lui donne pas la science infuse, loin de là. Parfois même cela l’enferme dans des convictions contre productives, mais passons.

Le plus important selon moi en ce qui concerne le professionnel de santé, c’est qu’en dehors d’avoir un bagage théorique qui se trouve peu ou prou sur internet, il détient deux choses que ne peuvent pas avoir le quidam : l’expérience et la maîtrise du diagnostic différentiel.

L’expérience se passe de définition mais contribue chaque jour un peu plus à maîtriser et affiner son diagnostic différentiel. C’est donc encore plus essentiel.

Le diagnostic différentiel est un savoir, une connaissance et une méthode qui permet de différencier deux symptomatologies très proches mais qui diffèrent pourtant sur la pathologie en question, ses manifestations, ses conséquences et donc sa prise en charge. De même, nous confirmons moins souvent des diagnostics que nous en éliminons, c’est pour dire !

Vous comprenez donc qu’il est plutôt important que dans ce genre de situations votre psy n’ai pas à être en accord avec vous, voire, qu’il vous le fasse savoir.

Ce n’est donc pas que le professionnel ne vous croit pas, c’est qu’il est compétent et fait son métier !

N’hésitez pas à cliquer sur la petite vidéo que j’ai fait à ce sujet et qui apporte plus de précisions sur cette excellente question. Je me base sur un cas clinique que j’ai eu peu de temps avant de faire cette vidéo.

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne

La réalité psychique

Certainement LE concept le plus fondamental quand on est psychologue ou psychothérapeute !
Beaucoup l’oublie mais ce n’est pas dans les livres que se trouvent la réalité de nos patients mais bel et bien dans leur discours.

La vision que l’on a en tant que professionnel peut parfois nous faire oublier que nous avons tous un prisme ou un objectif différent à travers lequel nous observons et décryptons le monde. Comme on me le répétait souvent durant ma formation en hypnose ericksonienne : « La carte n’est pas le territoire« .

Or que se passe-t-il lorsqu’on discute avec une amie ou un proche ? L’autre se base sur son vécu, sur sa carte personnelle pour vous donner des conseils des clefs qui devraient vous aider, voire, vous donner la marche à suivre. Rares (mais elles existent) sont les personnes qui vont véritablement tâcher de se mettre dans la réalité de l’autre, de ne pas se pointer avec tous ses histoires et représentations personnelles.

Je ne pense pas que ce soit seulement une qualité innée, mais qu’elle s’acquiert si on fait le travail d’en prendre conscience… Et beaucoup de pratique.

La réalité psychique est fondamentale pour le professionnel de soin car elle rend compte de la subjectivité des individus. Si le professionnel passe à côté de cet aspect, nous pouvons dire qu’il passe à côté de l’essentiel de sa fonction : être centré sur le sujet. Il m’est arrivé dans ma pratique de constater qu’une personne avait été dévastée par la mort de son chien, un autre patient n’a montré que peu de réactions et d’empathie face à la mort d’un parent proche. Si, en tant que professionnel je ne fais que partir de mes représentations personnelles, je change de sujet avec la première pour insister avec le second. Cela aurait été une erreur grossière. L’une était véritablement en train de vivre un deuil, l’autre non.

J’illustre la réalité psychique et ses implications dans cette vidéo en m’appuyant notamment sur le film « Il faut sauver le soldat Ryan »

Se centrer sur le sujet et sur ses propres ressentis, émotions et cognitions est fondamental.

À l’inverse, parfois (assez fréquemment à vrai dire), notre travail nous amène à ce que les individus puissent prendre conscience de la réalité externe et l’intègrent davantage dans leur réalité psychique. Les réalités matérielles et biologiques constituent un environnement dans lequel nous devons nous adapter et évoluer car ces réalités là, elles, ne varieront pas (pu peu).
C’est aussi la différence entre principe de plaisir et principe de réalité introduits par Freud.

 

Dans cette courte vidéo en revanche, je fais la distinction entre ce que la réalité psychique – en tant que concept – sert pour le patient et le thérapeute.

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne

Sources :

Peut-on coucher avec son/sa psy ?

En voilà une question… importante.

Même si ce blog concerne des consultations à distance, je travaille également en présentiel dans mon cabinet et il est assez fréquent que dans les diverses curiosités que les gens ont envers notre métier de psychologue, le fantasme du psy qui couche avec ses patientes se manifeste.

Comme je le dis dans la vidéo ci-dessous : « Est-ce qu’on se poserai tant cette question s’il s’agissait de sa boulangère ou son contrôleur fiscal ? » Il doit donc bien se passer quelque chose de différent pour que l’on sache implicitement qu’il ne faut pas trop avec son psy.

Je vous propose ici de réfléchir à cette question en se questionnant sur ce que cela impliquerai pour le professionnel, puis pour le patient et enfin la place du sexuel dans une séance.

Il faut bien se rendre compte que la question du « fantasme » est loin de celle du « passage à l’acte« .
En couchant avec son/sa patiente, le psy quitte d’emblée sa place et sa fonction, il ne pourra plus l’occuper et c’est surtout en cela que cela coupe le travail.

 

En séance, qu’il s’agisse de pulsion sexuelle, agressive ou autre, c’est le temps et le lieu de la prise de conscience, de l’analyse de nos mouvements inconscients et de leurs liens, pas d’une mise en acte volontaire.

Rappelons enfin un aspect important qui est que ce qui se manifesterai là, est en lien avec l’amour de transfert et Freud nous rappelle à ce propos, trois choses fondamentales sur l’amour de transfert :
1- Il est provoqué par la situation analytique
2- Il est exacerbé par la résistance qui domine dans cette situation
3- Qu’il est privé à un haut degré de tout égard pour la réalité

 

Jérémie Gallen, psychologue et psychothérapeute en ligne